L’argent face au bien commun

Le parc du domaine de la Vicomté sera transformé en lotissement

Communiqué Vicomté

Voici encore un bel exemple de l’incapacité du système actuel à agir pour le bien commun, et même de sa complicité active à une économie du profit, malgré les déclarations d’intention.

Depuis la fin de l’année 2018, Œtopia est engagé sur un projet d’économie vivante, sur le territoire de la Rance, dans la continuité du projet ViVaTerr. Un domaine de vacance de 4 ha appartenant à la Caisse d’Allocation Familiale est en vente à Dinard. Il comprend un manoir et 2 villages avec une capacité d’accueil proche de 200 personnes.

Plusieurs projets ont été présentés, et celui soutenu par Œtopia prévoyait le développement d’un centre de démonstration des modes de vie, de production et d’expérimentation de l’économie vivante. Projet écologique et social de grande ambition, il proposait de faire participer à la vie du site des personnes âgées, handicapées ou exclues, et d’accueillir des familles et des entreprises engagées dans la transition écologique.

La principale difficulté semblait le financement de l’opération dans des délais très courts, car les porteurs avaient peu de ressources. Cependant, cette étape a été franchie rapidement avec le soutien d’investisseurs, de partenaires et de banques.

Mais nous avons finalement échoué car la CAF a décidé de le vendre au plus offrant, c’est-à-dire un promoteur, pour une opération immobilière classique qui prévoie bien sûr de détruire les bâtiments existants (à l’exception du manoir bien sûr) et de construire un lotissement sur le parc. Hormis le coût énergétique et écologique de ce projet, c’est aussi un manque à gagner social pour tous ceux qui auraient pu bénéficier de notre alternative. On est en droit de s’étonner qu’un organisme comme la CAF, à vocation sociale, ne prennent pas en compte dans ses choix les indicateurs extrafinanciers et se contente d’une analyse strictement financière. De plus, le maire de Dinard ayant été sollicité pour appuyer notre projet a répondu « qu’il ne pouvait pas prendre parti » ! Quelle peut donc être le projet politique d’un édile qui ne peut pas prendre parti entre la maximisation du profit et un projet à vocation humaine ? L’offre était sans doute inférieure à celle des promoteurs, mais restait compétitive, et devenait très certainement meilleure en prenant en compte la plus-value sociale et écologique.

Cette anecdote n’a bien sûr rien d’extraordinaire dans ce régime en déliquescence, mais il convient de souligner l’hypocrisie des institutions – CAF et collectivités – qui collaborent à un système économique mortifère malgré des déclarations contraires. Il ne doivent plus s’étonner de voir les rues se teinter de jaune !

Plus d’information sur ce communiqué : Communiqué Vicomté

A propos Patrice Valantin

Patrice Valantin a une première carrière d’officier, en particulier à la Légion étrangère, puis d’entrepreneur. Fondateur de l’entreprise Dervenn en 2002, spécialisée en travaux et études de génie écologique, il la quitte en 2016 pour créer l’entreprise Reizhan, dont l’objectif est simplement la révolution par l’économie vivante. Il est également le directeur du parcours IRVIN et le président d’Oetopia

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