Notre Dame des Landes : tout ça pour ça ! Un projet agricole qui sera peut-être plus destructeur que l’aéroport…

Rien n’est encore fixé sur l’avenir de la ZAD, et les propositions vont bon train. La chambre d’agriculture de Loire Atlantique a un projet qui repose, selon leur déclaration,  sur « un usage strictement agricole du territoire et un retour à l’exploitation agricole des terres en conformité avec les règles départementales et nationales qui régissent l’ensemble de l’agriculture de Loire Atlantique ». Cela signifie donc revenir sur la gestion qui prédomine depuis 50 ans, et conduit à la destruction inéluctable de cette biodiversité qui a été l’objet de tant de débats (voire de luttes), et l’exclusion de toute autre activité. C’est ce modèle qui concentre les exploitations et appauvrit la majorité des agriculteurs. Il suffit de survoler quelques instants l’état du paysage sur la plupart des zones agricoles  pour comprendre ce que veut dire la « conformité avec les règles départementales et nationales » : l’uniformité et la standardisation. À cet effet il est d’ailleurs intéressant de noter que la compensation écologique qui est imposée aux aménageurs du territoire ne s’est pas appliquée pour limiter l’uniformisation des paysages agricoles, et que cette même compensation des aménagements n’aurait pas lieu d’être aujourd’hui si les exploitations étaient en mesure de produire l’ensemble des services écosystémiques. Ce projet qui est fort malheureusement soutenu par nombre de personnalités aura sans doute des conséquences plus destructrices que l’aéroport lui-même.

Je ne préconise pourtant pas le maintien actuel des activités de la ZAD (dits « modèles alternatifs »), et il est avant tout fondamental de retrouver l’État de droit sur ces terres de la République. Travaillant depuis plusieurs années avec des agronomes, des agriculteurs, des entrepreneurs et des écologues, je suis très optimiste sur la possibilité de développer un projet d’aménagement et d’activités qui ne soit ni l’anarchie ni la technocratie. C’est donc le moment de proposer un modèle nouveau, dans le cadre du droit, inspiré des systèmes vivants, et qui ne soit pas imposé par une seule catégorie d’acteurs. Cela ne remet pas en  cause une agriculture moderne et industrielle, mais l’inscrit dans la dynamique du monde vivant.

Une agriculture conçue dans le cadre de l’économie vivante produit des services d’approvisionnement (en particulier alimentaires) mais aussi des services de régulation (alimentation des nappes, régulation climatique, fertilité des sols, régulation des crues, épuration…) et des services culturels (paysage, bien-être…). Cette approche sort des clivages traditionnels entre deux agricultures dites conventionnelle et biologique, car il s’agit de repenser la gestion des territoires en fonction du fonctionnement des systèmes vivants.

Nous avons un très beau projet à construire sur la ZAD, qui puisse réconcilier les usages et les acteurs. Ce serait bien sûr un projet à dimension économique à dominante agricole, conçu par les agriculteurs, les entrepreneurs, les habitants du territoire, capable de produire de la valeur, mais surtout construit pour que cette valeur créée revienne au territoire et ne soit pas ponctionnée par un système fondamentalement parasite, dont la seule finalité est la rentabilité qui profite à une minorité.

Il est nécessaire pour cela de définir une gouvernance adaptée qui s’émancipe des formules centralisées habituelles  laissant trop de place aux influences de tout genre. Libérons nos territoires de la lourdeur technocratique qui ne fini que par se nourrir elle même ! C’est ce que l’on appelle le principe de subsidiarité, qui laisse l’initiative aux acteurs de terrain, tout en respectant des règles précises. Voilà une révolution pacifique et joyeuse pour construire le monde à naitre…

Vive la Vie !

A propos Patrice Valantin

Patrice Valantin a une première carrière d’officier, en particulier à la Légion étrangère, puis d’entrepreneur. Fondateur de l’entreprise Dervenn en 2002, spécialisée en travaux et études de génie écologique, il la quitte en 2016 pour créer l’entreprise Reizhan, dont l’objectif est simplement la révolution par l’économie vivante. Il est également le directeur du parcours IRVIN et le président d’Oetopia

Un Commentaire

  1. Retour PingZAD toujours… Et si on développait et multipliait les ZAD ? - Oetopia

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